Un même créateur peut exercer plusieurs métiers
Dans le spectacle vivant, il est fréquent qu’une même personne porte plusieurs casquettes.
Elle écrit son spectacle.
Elle le met en scène.
Elle le joue.
Elle cherche des partenaires.
Elle rencontre les programmateurs.
Parfois même, elle produit elle-même son projet.
Vue de l’extérieur, cette situation paraît simple : une seule personne fait tout.
En réalité, chacune de ces activités correspond à une fonction différente. Chacune répond à ses propres règles, à ses propres responsabilités et, bien souvent, à son propre mode de rémunération.
Comprendre cette distinction est essentiel. Elle permet de mieux construire un projet, de rédiger les contrats de manière cohérente et d’éviter de nombreuses confusions.
L’auteur crée l’œuvre
Tout commence par l’auteur.
C’est lui qui imagine, écrit, compose, adapte ou conçoit une œuvre originale.
Son travail est un travail de création.
En cette qualité, il est titulaire des droits d’auteur attachés à son œuvre. Il en demeure propriétaire et décide des conditions dans lesquelles celle-ci pourra être exploitée, adaptée ou diffusée.
Lorsque son œuvre est représentée, il peut percevoir une rémunération au titre de ses droits d’auteur.
Cette rémunération ne récompense pas une prestation réalisée sur scène.
Elle rémunère l’existence même de l’œuvre.
Le producteur rend le spectacle possible
Le producteur intervient à un autre niveau.
Son métier ne consiste pas à créer.
Il consiste à transformer cette création en spectacle.
Pour cela, il réunit les moyens humains, techniques, administratifs et financiers nécessaires à sa réalisation.
Il construit le budget, recherche les financements, emploie les équipes, organise les répétitions, coordonne la production et prépare l’exploitation du spectacle.
Pour accomplir cette mission, l’auteur lui confie, par contrat, le droit d’exploiter son œuvre.
Cette précision est importante.
Le producteur ne devient jamais propriétaire de la création.
Il devient son exploitant.
L’auteur conserve ses droits.
Le producteur organise la vie professionnelle du spectacle.
L’artiste interprète donne vie à l’œuvre
Enfin, il y a l’artiste interprète.
Comédien, musicien, danseur, circassien, marionnettiste ou performeur, il fait vivre l’œuvre devant le public.
Son travail consiste à interpréter.
Lorsqu’il participe aux répétitions et aux représentations, il est salarié du producteur, qui le rémunère conformément aux règles applicables au spectacle vivant.
Cette rémunération correspond à son travail d’interprétation.
Elle est indépendante des droits d’auteur.
Autrement dit, un même artiste peut être rémunéré à la fois parce qu’il est l’auteur de l’œuvre et parce qu’il l’interprète sur scène.
Ces deux rémunérations répondent à des logiques juridiques différentes.
Une même personne peut cumuler ces fonctions
Dans les compagnies indépendantes, cette situation est même très fréquente.
Le créateur écrit son spectacle.
Il le met en scène.
Il l’interprète.
Il en assure parfois la diffusion.
Il peut même décider d’en assurer lui-même la production.
Il n’exerce pourtant pas un seul métier.
Il en exerce plusieurs.
Et chacune de ces fonctions obéit à des règles spécifiques.
En tant qu’auteur, il perçoit éventuellement des droits d’auteur.
En tant qu’artiste interprète, il est salarié lorsqu’il répète ou joue son spectacle.
En tant que producteur, il assume les responsabilités juridiques, sociales, financières et organisationnelles liées à l’exploitation de la création.
Ces différentes qualités peuvent parfaitement coexister.
Les distinguer permet de construire un modèle économique plus lisible, de clarifier les responsabilités de chacun et d’éviter de nombreuses difficultés au cours de la vie du spectacle.
C’est précisément dans cette logique que s’inscrit la production déléguée.
Elle ne retire rien à la place de l’auteur ni à celle de l’artiste interprète.
Elle consiste simplement à confier la fonction de producteur à une structure dont c’est le métier.
L’artiste continue de créer.
Il continue d’interpréter.
Le bureau de production, lui, assume les responsabilités liées à la production et à l’exploitation du spectacle.
Cette répartition permet à chacun d’exercer pleinement son métier, au bénéfice du projet artistique.
À retenir
Dans le spectacle vivant, une même personne peut être simultanément auteur, artiste interprète et porteur de projet. Ces fonctions peuvent se cumuler, mais elles ne se confondent jamais. Chacune répond à des droits, des responsabilités et des modes de rémunération qui lui sont propres. Comprendre cette distinction est l’une des clés pour construire un projet solide.
Et pour votre projet ?
Si ces questions résonnent avec votre projet, vous n’êtes pas obligé d’attendre la fin du dossier pour en parler.

