Cachet de 12 heures : cela signifie-t-il qu’on travaille 12 heures ?
Un cachet « de 12 heures » n’autorise pas 12 heures de travail. Cachet, temps réel et équivalence France Travail : trois compteurs différents.
3 min de lecture →« Si je deviens intermittent, combien vais-je toucher par mois ? »
Question parfaitement légitime.
Et réponse légèrement agaçante :
ça dépend !
Parce que l’intermittence n’est ni un salaire mensuel, ni un revenu garanti versé chaque mois. C’est un système d’assurance chômage qui vient compléter, sous certaines conditions, les revenus tirés de périodes d’emploi discontinues.
Pour savoir combien vous allez réellement avoir à la fin du mois, il faut donc additionner plusieurs choses.
Un musicien, un comédien ou un régisseur n’est pas embauché avec un contrat indiquant :
Profession : intermittent.
Il est salarié.
Artiste ou technicien, il enchaîne des contrats de travail, souvent des CDD d’usage.
Lorsqu’il remplit les conditions du régime spécifique d’assurance chômage — notamment les fameuses 507 heures sur la période de référence — il peut ouvrir des droits au titre de l’annexe 8 pour les techniciens ou de l’annexe 10 pour les artistes.
L’intermittence vient donc entre les contrats, pas à leur place.
Prenons une chanteuse qui travaille plusieurs jours dans le mois.
Elle va percevoir :
ses salaires
+
éventuellement des allocations France Travail.
C’est ce cumul qui constitue l’essentiel de son revenu du mois.
Et c’est là que les choses deviennent intéressantes.
Pas nécessairement.
Votre allocation journalière est bien un élément essentiel du calcul. Pour les intermittents, son montant dépend notamment des salaires et du nombre d’heures retenus lors de l’ouverture des droits, avec des formules différentes pour les annexes 8 et 10.
Mais France Travail ne multiplie pas simplement votre allocation journalière par 30 tous les mois.
Pourquoi ?
Parce que vous travaillez.
Et les périodes travaillées vont réduire le nombre de jours indemnisables.
En général, oui.
Mais cela ne signifie pas qu’il vaut mieux ne pas travailler !
Imaginons schématiquement :
Mois A
Peu de contrats.
→ peu de salaires
→ davantage de jours potentiellement indemnisables
Mois B
Beaucoup de contrats.
→ davantage de salaires
→ moins de jours indemnisables
Votre revenu se déplace donc progressivement de :
allocation
vers :
salaire.
C’est précisément la logique du système : l’assurance chômage accompagne la discontinuité de l’emploi.
Janvier :
quelques cachets + allocations
Février :
beaucoup de cachets + moins d’allocations
Mars :
aucun contrat + davantage d’allocations
Votre revenu mensuel n’est donc pas nécessairement stable.
Et d’autres mécanismes peuvent encore intervenir, notamment les franchises congés payés, les franchises salaires ou le délai d’attente lors de l’ouverture de certains droits.
Voilà pourquoi deux artistes ayant la même allocation journalière peuvent recevoir des montants différents le même mois.
Attention à une confusion fréquente.
Atteindre 507 heures ne signifie pas :
« Maintenant France Travail va me verser X € tous les mois pendant un an. »
Les 507 heures permettent, avec les autres conditions requises, d’ouvrir des droits.
Le montant de l’allocation dépend ensuite notamment de votre activité et de vos salaires sur la période prise en compte.
Deux artistes ayant chacun 507 heures peuvent donc avoir des allocations journalières différentes.
Il faut connaître au minimum :
votre allocation journalière,
vos contrats et rémunérations du mois,
le nombre de jours qui restera indemnisable,
et les éventuelles franchises applicables.
Autrement dit, la question :
« Combien gagne un intermittent ? »
n’a pas vraiment de réponse universelle.
C’est un peu comme demander :
« Combien gagne un indépendant ? »
Cela dépend surtout… de son activité.
Plutôt que de sortir une calculatrice, trois feuilles Excel et beaucoup de café, France Travail propose SimuCalcul, son outil destiné à estimer les allocations des artistes et techniciens relevant des annexes 8 et 10.
SimuCalcul – France Travail Culture et Spectacle
C’est évidemment beaucoup plus fiable pour estimer une situation personnelle qu’une règle du type :
« Avec 10 cachets par mois, tu toucheras environ X €. »
Être intermittent ne signifie pas recevoir un « salaire d’intermittent ».
Votre revenu mensuel ressemble plutôt à :
SALAIRES DU MOIS + ALLOCATIONS ÉVENTUELLES = REVENU MENSUEL
Avec une particularité importante :
plus votre activité professionnelle augmente, plus la part des salaires augmente et plus le nombre de jours indemnisables diminue.
Alors, si quelqu’un vous demande :
« Ça gagne combien, un intermittent ? »
vous pouvez lui répondre :
« Intermittent n’est pas un salaire. C’est un régime d’assurance chômage qui accompagne une activité salariée… intermittente. »
Un peu moins pratique qu’un chiffre rond.
Mais beaucoup plus proche de la réalité !
Ce focus présente des principes généraux à date de rédaction. Chaque situation mérite d’être vérifiée au regard des textes applicables et, si besoin, avec un professionnel.
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